Épargne et guerre en Iran : les Français entre prudence et besoin d'accompagnement
Posté le 23 avril 2026 à 12:00
Le climat économique et géopolitique actuel pèse lourdement sur le moral des épargnants. Selon la dernière édition du baromètre Odoxa, plus de 8 Français sur 10 expriment une méfiance croissante vis-à-vis de la situation économique et fiscale. Cette défiance se cristallise particulièrement sur les placements : 84 % des épargnants se disent moins confiants quant au rendement de leur capital.
Des Français inquiets face aux instabilités géopolitiques et budgétaires
L'actualité internationale, et notamment les conflits au Moyen-Orient, influence désormais directement les stratégies de placement. Selon le sondage, pour un tiers des Français, les tensions au Moyen-Orient ont déjà modifié ou vont modifier leurs comportements. Loin de céder à l'opportunisme, 74 % d’entre eux privilégient la sécurité en se tournant vers des placements dits « sûrs » ou prudents.
Pourtant, les produits de masse historiques ne font plus recette :
- le désamour du Livret A : an un an, il a perdu sa place de placement préféré. Crédité de 42 % de citations l'an dernier, il chute à 23 %, se faisant doubler par le logement et l'assurance-vie (25 % chacun). Aujourd'hui, 70 % des détenteurs ont déjà cessé de l'alimenter, l'ont fermé ou envisagent de le faire ;
- La crise de confiance du PER : alors que le Plan Épargne Retraite doublait ses souscriptions depuis 2019, les restrictions votées dans le budget 2026 cassent cette dynamique. 46 % des titulaires envisagent de ne plus l'alimenter. Ce chiffre grimpe à 85 % chez les plus de 65 ans, directement impactés par les récentes novations fiscales supprimant certains avantages.
Une éducation financière à parfaire malgré une forte capacité d'épargne
Malgré ce pessimisme, les Français confirment leur statut de champions de l'épargne. Le taux de mise en réserve reste exceptionnel : 72 % parviennent à épargner chaque mois, et 28 % mettent de côté plus de 200 €, soit plus de 10 % du revenu médian national.
Cependant, cette capacité financière cache une réelle lacune en termes de culture économique. Un second sondage Odoxa, paru en février 2026, révèlait que la France se classe parmi les dernières nations européennes en matière de compétences sur les placements :
- un sentiment d'incompétence : une majorité de Français se considèrent peu qualifiés pour gérer leurs investissements de manière optimale ;
- une attente forte envers les professionnels : face à la complexité des marchés et de la fiscalité, 53 % des épargnants (et 56 % des foyers aisés) souhaitent être accompagnés ;
- un appel à la pédagogie : enfin, 80 % des sondés attendent des banques et des compagnies d'assurance un effort accru de conseil et de pédagogie pour les aider à naviguer dans ce contexte incertain.