Les travailleurs précaires ou pauvres achètent d’occasion pour faire face à des difficultés budgétaires, plutôt que par choix de consommation responsable, selon l’enquête Ipsos bva pour Nouvelle Fabrique.
Ipsos bva a interrogé 1 000 travailleurs en situation de précarité ou de pauvreté sur leurs stratégies d’équipement pour le compte du réseau de ressourceries et d’ateliers d’insertion Nouvelle Fabrique. Il en ressort que :
Selon l’enquête, deux profils sont particulièrement vulnérables et concernés par ces difficultés à s’équiper : les personnes isolées vivant sous le seuil de pauvreté et les familles monoparentales.
Face à ces difficultés financières, les travailleurs en situation de précarité ou de pauvreté s’adaptent en changeant leurs habitudes d’achat. Ils ont recours en premier lieu au crédit pour acquérir leur appareil électroménager. C’est le cas d’un travailleur pauvre sur deux.
Ils optent ensuite pour la seconde main. Plus de la moitié ont déjà acquis un équipement électroménager ou électronique d’occasion (plus de 65 % pour les moins de 35 ans), notamment via les plateformes dédiées en ligne.
Enfin, l’étude nous apprend que la consommation énergétique de l’équipement devient un critère prioritaire pour 95 % d’entre eux, surtout avec les hausses actuelles des coûts des énergies. Préoccupation qui vise surtout à réduire au maximum les factures (troisième poste de dépense des travailleurs pauvres selon le rapport).
Toujours d’après le baromètre, 89 % des personnes interrogées ont acheté des biens d’occasion au cours des 12 derniers mois, dont des vêtements (77 %) et de l’électroménager (60 %). Si la seconde main est une nécessité économique pour 56 % d’entre eux, seuls 31 % se disent sensibles à l’impact écologique, tandis que 63 % recherchent avant tout de bonnes affaires.
Les sondés qui n’ont pas encore sauté le pas évoquent comme freins principaux :
L’étude montre ainsi un vrai paradoxe : les ménages qui ont le plus besoin de la seconde main, en raison des prix pratiqués, n’y accèdent pas facilement à cause de craintes bien ancrées.