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Posté le 20/05/2026 à 09:00

Précarité étudiante : les découverts et les impayés se multiplient chez les jeunes


Une récente étude réalisée par l’Ipsos pour l’association Linkee met en lumière une forte dégradation de la situation financière des étudiants précaires. Découverts bancaires, retards de paiement et dépenses contraintes, les difficultés budgétaires s’installent durablement chez certains jeunes.

Selon une étude publiée par Ipsos France pour l’association Linkee, 47 % des étudiants en situation de précarité déclarent avoir connu un découvert bancaire ou des difficultés à régler certaines dépenses au cours des 12 derniers mois.

L’enquête dresse le portrait d’une génération fragilisée par l’augmentation des charges fixes. Logement, alimentation, transport ou frais d'études?: les dépenses contraintes occupent désormais une place majeure dans le budget des jeunes adultes.

L’étude révèle également que 69 % des étudiants précaires disposent de moins de 100 € par mois une fois leurs charges payées. Autant dire, une situation qui limite fortement leur capacité à faire face à un imprévu financier.

La question du logement est l’un des principaux facteurs de tension budgétaire. 60 % des étudiants interrogés indiquent que leur loyer dépasse le montant de leurs ressources mensuelles. En parallèle, ils sont 46 % à déclarer rencontrer des difficultés pour se chauffer, signe d’une forte précarité énergétique. Enfin, l’étude Ipsos souligne qu’une minorité d’étudiants doit composer face à des situations extrêmes. Ils sont en effet 5 % à avoir dû dormir dehors ou dans un véhicule au cours de l’année.

Face à cela, certains jeunes multiplient les arbitrages du quotidien. De nombreux étudiants réduisent leurs dépenses alimentaires ou renoncent à certains soins médicaux pour maintenir au mieux un équilibre financier.

Au-delà des difficultés ponctuelles, l’étude met en avant une précarité devenue structurelle pour une partie des étudiants. Les tensions financières ne concernent plus uniquement les dépenses exceptionnelles, mais également les besoins essentiels du quotidien. L’étude souligne également que les étudiants font face à une importante pression psychologique, qui peut influer négativement sur leurs études ou leur santé mentale :

  • deux tiers des sondés avouent sauter régulièrement des repas, faute de moyen ;
  • 47 % doivent composer avec des revenus inférieurs à 400 € par mois ;
  • 47 % craignent que leur situation financière nuise à l’accès à la carrière souhaité ;
  • environ 1 étudiant sur 2 a renoncé à se soigner pour une question de budget ;
  • 60 % déclarent avoir ressenti majoritairement une émotion négative au cours du dernier mois (épuisement, anxiété et isolement principalement).

Ces soucis financiers peuvent avoir des conséquences durables sur le parcours des jeunes adultes : retards de paiement répétés, recours plus important au découvert bancaire ou difficultés à constituer une épargne de précaution.

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