Le coût des transports en commun va-t-il vraiment être indexé sur l’inflation ?
C’est une mesure qui fait beaucoup de remous. Le projet de loi-cadre sur les transports intègre par défaut une proposition autorisant l’indexation du coût des bus, métros et tramways à celui de l’inflation. Mais qu’en est-il vraiment ?
Levée de boucliers de l’UFC-Que Choisir
C’est une mesure qui peut paraître anodine, mais qui n’a pas manqué de faire réagir. Une proposition qui figure au sein du projet de loi-cadre sur les transports stipule en effet que les prix seraient indexés sur ceux de l’inflation. Un non-sens pour certains élus et associations, dont fait partie l’UFC-Que Choisir.
Dans un communiqué de presse relayé par différents médias, l’association s’oppose farouchement à cette mesure qui, selon elle « conduirait à des hausses quasi systématiques des billets et abonnements, indépendamment des réalités locales, du pouvoir d’achat des ménages ou de la qualité du service rendu ».
Pour Marie-Amandine Stévenin, présidente de l’UFC-Que Choisir, cette proposition de loi pourrait avoir des conséquences économiques lourdes pour les usagers : « Concrètement, cela signifie une hausse quasi garantie des tarifs année après année ».
Autre problématique soulevée par l’association, le rétropédalage écologique induit par une telle mesure. Marie-Amandine Stévenin pointe une « déconnexion » entre l’inflation et la qualité du service proposé, qui pourrait contraindre l’usager à payer davantage pour une offre qui ne suit pas.
Elle ajoute à ce propos : « Cette mesure est aussi désincitative. Augmenter les prix tous les ans, automatiquement, revient à décourager l’usage des transports en commun, alors même qu’ils constituent une alternative essentielle à la voiture, plus économique pour les ménages et plus respectueuse de l’environnement ».
Le ministre des Transports calme le jeu
Interrogé au micro de Public Sénat, Philippe Tabarot, actuel ministre des Transports, a tenu à clarifier la situation : « Les titres de transport ne vont pas augmenter plus que l’inflation, si les autorités organisatrices de transport, c’est-à-dire les collectivités, le décident. On est dans une liberté des collectivités pour mettre en place les tarifs ».
Ainsi, l’indexation des prix par rapport à l’inflation ne serait pas automatique, mais bien soumise à la décision des collectivités locales. Un point important à soulever, mais qui ne protège pas pour autant de certains abus.
Pour justifier cette proposition de loi, Philippe Tabarot rappelle la nécessité de rénover de nombreuses infrastructures de transports vieillissantes sur notre territoire, et plus particulièrement les réseaux ferroviaires et fluviaux.

